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Numéro
Perspectives Psy
Volume 56, Numéro 4, octobre-décembre 2017
Page(s) 341 - 351
Section Articles originaux
DOI https://doi.org/10.1051/ppsy/2017564341
Publié en ligne 18 mai 2018

© GEPPSS 2017

1 Introduction

Les schizophrénies précoces sont des troubles dits « rares » et méconnus, dont la prévalenceest estimée à 0,03 % de la population générale contre 1 %pour les schizophrénies de l’adulte. Seulement 20 % d’entre elles correspondraient à des schizophrénies très précoces. La prévalence des schizophrénies est inversement proportionnelle à leur précocité. Ainsi, parmi l’ensemble des schizophrénies, 1 % se déclarerait avant l’âge de 10 ans et 4 % avant l’âge de 15 ans (Dumas & Bonnot, 2013).

Les classifications nosographiques actuelles sont peu précises et non consensuelles sur ces pathologies psychiatriques lourdes et invalidantes, à l’origine d’une altération marquée du comportement de l’enfant et nécessitant le plus souvent une hospitalisation en milieu spécialisé. Seule la Classification Française des troubles mentaux de l’enfant et de l’Adolescent (CFTMEA R, 2012) reconnaît le concept de schizophrénie précoce, en définissant deux catégories selon l’âge : la « Schizophrénie de l’enfant » survenant après 5 ans, de manière aiguë ou progressive, avec une prédominance de symptômes négatifs et de désorganisation par rapport aux symptômes délirants ; et les « Troubles schizophréniques à l’adolescence » correspondant à l’apparition progressive de symptômes négatifs et d’angoisse souvent associés à des conduites antisociales (Misès et al., 2012). Cependant, la Schizophrénie n’est pas subordonnée à une notion d’âge dans la 10e révision de la Classification Internationale des Maladies (CIM10). De même, la 5e version de la classification américaine des troubles mentaux (DSM-V, 2013) ne définit pas d’entité nosographique spécifique, l’idée générale étant que les grands traits de la schizophrénie sont similaires de l’enfance à l’âge adulte, même si quelques adaptations sémiologiques sont énoncées en cas de précocité des troubles. Malgré l’absence d’accordage nosographique, les concepts de « Schizophrénies à Début Précoce » (SDP) avant 16-17 ans et de « Schizophrénies à Début Très Précoce » (SDTP) avant 12-13 ans sont classiquement retenus dans la littérature internationale actuelle.

Partant de cet état de fait et étant donné la formation commune en psychiatrie générale des psychiatres et pédopsychiatres, nous proposons de définir un tableau clinique précis à partir de la définition communément admise de schizophrénie, sans critère d’âge, énoncée dans le DSM-V. Il s’agit de répondre à la question suivante : Quelles sont les spécificités essentielles des schizophrénies à début précoce (SDP) et très précoce (SDTP), tant au niveau diagnostique, thérapeutique, pronostique et étiologique par rapport aux schizophrénies survenant à l’âge adulte (SA) ?

De nombreuses études abordent l’hypothèse intéressante d’un lien entre Troubles du Spectre Autistique (TSA) et Schizophrénie à début très précoce, cependant nous ne traiterons pas cette partie du sujet.

2. Méthode

Il s’agit d’une revue internationale de la littérature d’août 2006 à août 2016, issue de deux bases de données. La première recherche a été effectuée sur PUBMED avec le Mesh Major Topic « Childhood, Schizophrenia » permettant d’inclure tous les articles traitant de « Childhood Onset Schizophrenia » (correspondant aux SDP) et de « Childhood Very Onset Schizophrenia » (correspondant aux SDTP). La seconde recherche a été réalisée sur SANTEPSY avec les mots clefs « Schizophrénie infantile » (le terme de schizophrénie à début très précoce ne faisant pas partie du thésaurus) ou « Schizophrénie à début précoce », et « Schizophrénie précoce » dans les titres et résumés.

À la lecture des résumés, nous avons exclu à postériori les articles traitant de la comparaison TSA/Schizophrénies précoces, ceux à faible niveau de preuve scientifique (type case report), ceux sans critères comparatifs avec les SA et ceux ne répondant pas à la problématique [1 : méthodologie de choix des articles, revue de littérature de 2006 à 2016].

3. Particularités diagnostiques

3.1. Comparaison avec les critères DSM-V

3.1.1. Critère A

Le critère A est rempli si deux des cinq items suivants sont retrouvés (dont au moins l’un des trois premiers) : idées délirantes(1), hallu-cinations(2), discours désorganisé(3), comportement excessivement désorganisé ou catatonique(4) et symptômes négatifs(5).

Dumas et Bonnot (2013), comme Levallois, Geneste et Jalenques (2007) s’accordent à dire que, contrairement à l’adulte, les idées délirantes(1) sont peu fréquentes avant 10 ans et les délires systématisés rares. De plus, ces mêmes auteurs ainsi que Speranza (2006) retrouvent des thématiques délirantes centrées le plus souvent sur la perte d’identité, la persécution ou des préoccupations somatiques notamment des transformations corporelles. Les hallucinations(2), sont globalement très fréquentes chez les SDTP et c’est le symptôme le plus fréquent après 8 ans (Dumas et Bonnot, 2013). Elles ont la particularité d’être très fluctuantes et principalement liées à des moments de stress et de séparation (Goeb et Delion, 2009 ; Bachollet-Biais, 2006). Elles sont le plus souvent acoustico-verbales (HAV) avec une prévalence estimée entre 94.9 % (David et al., 2011) et 80 % (Levallois et al., 2007), tandis que la prévalence des hallucinations visuelles (HV) est estimée entre 30 % (Levallois et al., 2007) et 80.3 % dans la cohorte NIMH (David et al., 2011). Par ailleurs, la présence d’HV est associée à un quotient intellectuel plus faible, une survenue plus précoce des troubles et une maladie plus sévère. Il existe également des hallucinations somato-tactiles (60,7 %) et olfactives (29,9 %) qui sont, le plus souvent, associées aux HV (David et al., 2011).

Trois diagnostics différentiels de phénomènes hallucinatoires sont à retenir par rapport aux adultes. Premièrement, des phénomènes imaginatifs type « ami imaginaire », à évoquer si l’enfant peut stopper à volonté les voix. Il s’agit d’un phénomène d’allure psychotique parfois présent lors du développement psychique normal répondant à un besoin de relation et de réassurance qui permet à l’enfant de faire l’expérience des premières pratiques d’échange social (Speranza, 2006). Deuxièmement, les phénomènes hypnagogiques et hypnopompiques, fréquents en âge préscolaire et scolaire, qui correspondent à une fragilisation de l’état de conscience lors des transitions éveil/sommeil (Speranza, 2006 ; Bachollet-Biais, 2006). Troisièmement, les hallucinations post-traumatiques, fréquentes chez les enfants (Laroi, Van der Linden, Goeb, 2009). La désorganisation du discours(3); est présente à une fréquence variable selon les articles (40 à 100 %) (Levallois et al., 2007), sous la forme d’un relâchement des associations d’idées ou d’un illogisme (Bachollet & Biais, 2006). Mais ce critère diagnostique n’est pas unanimement admis puisque d’après Levallois et al. (2007), il dépend du niveau de langage de l’enfant et ne peut être retenu qu’après l’âge de 6-7 ans, lorsque la pensée acquiert plus de cohérence (David, Rapoport et Gogtay, 2013).

Les comportements excessivement désorga-nisés(4) trouvent un équivalent dans l’imprévisibilité des agitations, crises clastiques et passages à l’acte (Goeb & Delion, 2009). Cependant, à l’inverse des SA, les catatonies sont rares (Dumas & Bonnot, 2013).

Les symptômes négatifs(5); sont souvent présents, et d’autant plus fréquents que la maladie débute soit très précocement, soit en fin d’adolescence (Dumas & Bonnot, 2013 ; Speranza, 2006). Une étude cas-témoin de Missaoui et al. (2008) comparant des patients SA et SDTP, rapporte que, chez les SDTP, la symptomatologie est plus sévère et dominée par des symptômes négatifs.

1 : Méthodologie de choix des articles, revue de littérature de 2006 à 2016.

3.1.2. Critère B

Le critère B chez l’enfant est défini comme « l’échec à atteindre le niveau attendu dans le fonctionnement interpersonnel, scolaire ou occupationnel » ce qui correspond aux troubles des apprentissages et des relations sociales avec ses camarades ; ces difficultés psychiques mettant souvent en péril la poursuite d’une scolarité classique (DSM-V, 2013).

Les difficultés d’apprentissage sont associées à des anomalies cognitives fréquentes concernant surtout les fonctions exécutives (troubles attentionnels, lenteur de traitement de l’information, mauvaise utilisation de la mémoire de travail et absence de flexibilité dans les stratégies adaptatives) (Speranza, 2006). Cependant seulement 10 à 20 % des SDTP ont un QI inférieur ou égal à 70 (Levallois et al. 2007, Bachollet-Biais, 2006).

Les relations sociales sont marquées soit par des enfants très introvertis, en retrait, hypersensibles aux critiques, soit au contraire par des comportements antisociaux, agressifs et une irritabilité importante (Speranza, 2006).

3.1.3. Critère C

Pour ce qui est du critère C, correspondant au mode d’installation du trouble sur au moins six mois, les auteurs s’accordent sur le fait qu’il est le plus souvent insidieux et chronique chez les SDTP, tandis que les SDP ont plutôt un début brutal ou sub-aigu comme les SA (Dumas & Bonnot, 2013 ; Speranza, 2006 ; Levallois et al., 2007 ; Bachollet & Biais, 2006 ; Bailly et al., 2012).

3.1.4. Critère D

Le critère D qui correspond à l’exclusion de diagnostics différentiels (trouble schizo-affectif, trouble de l’humeur uni ou bipolaire) ne doit pas être négligé chez l’enfant puisque des études rapportent une erreur diagnostique chez 50 % d’enfants bipolaires initialement diagnostiqués schizophrènes (Speranza, 2006).

Cependant, Roger Misès précise que d’autres diagnostics différentiels doivent être absolument évoqués chez l’enfant. La prudence s’impose pour ne pas associer à tort, à un trouble schizophrénique, tout ce qui traduit l’expression d’une appréhension du réel du monde en contradiction avec le niveau du sujet (Speranza 2006). Parmi les diagnostics différentiels possibles, on retrouve les troubles envahissants du développement (du DSM-V) et les dysharmonies psychotiques (de la CFTMEA R, 2012) . Speranza (2006), s’appuyant sur l’étude de Misès et Quemada de 1990, rapporte que le diagnostic de dysharmonie psychotique (45 %) est bien plus fréquent que celui de SDTP (5 %).

Malgré l’existence de symptômes communs dans ces deux entités diagnostiques, la noncoordination des différentes composantes de la personnalité des enfants dysharmoniques est à distinguer de la désorganisation et de la dissociation qui signe le processus schizophrénique. De rares études longitudinales rapportent qu’un tiers d’enfants dysharmoniques développent à l’âge adulte des troubles du spectre de la schizophrénie (Speranza, 2006).

3.1.5. Critère E

Le critère E concernant une origine toxique des troubles semble moins probable chez les SDTP que chez les SDP et SA. Il ne doit cependant pas être négligé.

3.1.6. Critère F

Enfin, le critère F propose un diagnostic supplémentaire de schizophrénie (si les hallucinations sont présentes pendant au moins un mois) chez des patients ayant présenté un TSA ou un trouble de la communication pendant l’enfance. Chez l’enfant, ce critère pose la question des limites nosographiques entre la schizophrénie et les TSA, largement étudiée dans la littérature actuelle.

3.2. Particularités non catégorisées

La sémiologie pédopsychiatrique est mouvante et les manifestations cliniques des SDTP sont dépendantes du développement de l’enfant (Speranza, 2006). Il existe une sémiologie psychiatrique non négligeable, complémentaire des critères DSM-V, permettant d’affiner la description clinique.

3.2.1. Données épidémiologiques

Au niveau épidémiologique, la prévalence de la SDTP selon le sexe est débattue avec une prédominance masculine (Dumas & Bonnot, 2013) ou un sex-ratio égal à un (Missaoui et al., 2008) selon les articles. La prévalence d’antécédents familiaux de schizophrénie au premier degré est plus élevée chez les SDTP que chez les SA (8 contre 4 %) d’après Levallois et al. (2007).

3.2.2. Agitation

L’agitation motrice est fréquente et l’interprétation prudente de ce signe est indispensable pour éviter l’erreur diagnostique de TDAH et donc une monothérapie de méthylphénidate, particulièrement contre-indiqué dans ces situations (Dumas & Bonnot, 2013).

3.2.3. Anomalies du développement psychomoteur

On retrouve fréquemment dans la petite enfance des manifestations non spécifiques comme des anomalies du développement psychomoteur (retard des acquisitions, troubles de la coordination, anomalies posturales, retard et anomalies du langage), également rapportées chez les schizophrènes adultes (Speranza, 2009).

3.2.4. Réel/imaginaire

Le rapport à la réalité de ces patients est marqué par la confusion avec un imaginaire débordant. Contrairement aux adultes, la question de la limite entre le réel et l’imaginaire se pose chez les enfants. Elle ne s’acquiert que progressivement, à partir de 6-7 ans, selon le contexte développemental, social et culturel de l’enfant (Speranza, 2006). La non-modification du discours en présence d’adultes, les répercussions sur le sommeil, l’alimentation et le fonctionnement de l’enfant à l’école peuvent aider à faire le diagnostic différentiel (Laroi et al., 2009).

3.2.5. Comorbidités psychiatriques

Comme chez l’adulte, des études rapportent des comorbidités psychiatriques fréquentes (troubles des conduites, troubles de l’humeur, trouble anxieux) (Ross RG, Heinlein S, Tregellas, 2006) mais d’autres auteurs tempèrent ces diagnostiques supplémentaires faisant l’hypothèse que ces symptômes ne sont que l’expression de la maladie schizophrénique (Levallois et al., 2007 ; Bailly et al., 2012).

3.2.6. Caractéristiques endophénotypiques de la schizophrénie

Parmi elles, on retrouve les Signes Neurologiques Mineurs (SNM) comme les troubles de la coordination motrice, dont la prévalence et l’intensité sont significativement plus élevées chez les SDTP que chez les SA (Missaoui et al., 2008) et sont significativement corrélées aux symptômes négatifs et à la gravité de la maladie (Bourgou Gaha, Halayem Dhouib, Amado et Bouden, 2015 ; Missaoui et al., 2008).

Il existe également des anomalies physiques mineures significativement plus fréquentes chez les SDTP que chez les SA, particulièrement des anomalies de la face (Missaoui et al., 2008).

3.2.7. Signes d’atypicitépsychiatrique (SAP)

Des SAP, décrits par Dumas & Bonnot (2013), doivent être systématiquement recherchés car évocateurs d’organicité. Les SAP de premier rang sont : une confusion, des hallucinations visuelles, une catatonie, une symptomatologie fluctuante ou encore une réaction paradoxale à un traitement antipsychotique.

Les SAP de second rang sont : un début aigu ou à un âge très précoce, des antécédents familiaux de psychose, l’inefficacité de traitements antipsychotiques ou encore un retard mental associé. Ces derniers sont eux aussi évocateurs d’organicité s’ils sont associés aux SAP de premier rang.

4. Particularités pronostiques et thérapeutiques

4.1. Facteurs pronostiques

L’évolution de la maladie dépend de plusieurs facteurs et le pronostic est d’autant plus sombre en cas de formes très précoces (Dumas & Bonnot, 2013), un début insidieux ou une prise en charge tardive et de mauvaise qualité (Bachollet-Biais, 2006). Le pronostic à long terme serait positivement corrélé à la qualité du premier contact thérapeutique (Speranza, 2006).

4.2. Prise en charge globale

Compte tenu de l’âge des patients, une prise en charge globale, inscrite dans un travail de réseau impliquant l’entourage socio-familial est indispensable avec notamment une prise en charge éducative ainsi que les thérapeutiques médicamenteuses et non médicamenteuses.

D’un point de vue éducatif, les dispositifs institutionnels de soins peuvent être du registre sanitaire, médico-social ou scolaire.

4.3. Traitement médicamenteux

Le traitement médicamenteux de première intention repose sur une monothérapie d’antipsychotiques atypiques (APA) (Amisulpride, Aripiprazole, Risperidone, Olanzapine), aucun n’ayant l’AMM en France avant l’âge de 15 ans. En seconde intention, en cas d’échec après 8 à 12 semaines de traitement à dose efficace, un switch par Clozapine peut être envisagé selon Dumas et Bonnot (2013). En effet, la supériorité de la Clozapine a été démontrée par rapport à l’Haloperidol et l’Olanzapine à forte dose (Kumra et al., 2008). Par ailleurs, le ratio [métabolite de la Clozapine/ Clozapine] serait le seul indicateur de bonne réponse chez les SDTP alors qu’il en existe deux autres chez l’adulte (Sporn et al., 2007). D’autre part, chez ces patients, la réponse clinique aux APA est de moins bonne qualité que chez les adultes (Kumra et al., 2008) et les effets indésirables sont plus fréquents (prise de poids, sédation, effets extrapyramidaux, hyperprolactinémie) (Dumas & Bonnot, 2013; Kumra et al., 2008; Sporn et al., 2007 ; Bailly D & Fakra, 2012). L’hypothèse retenue par Kumra et al. (2008) pour expliquer ces différences d’efficacité et de tolérance est celle du développement continu des systèmes de récepteurs à la dopamine et aux neurotransmetteurs pendant l’enfance et l’adolescence. Bourgou Gaha et al. (2015) rapportent que des scores élevés de signes neurologiques mineurs, sans en préciser le seuil, seraient prédictifs d’une mauvaise réponse aux APA.

Par ailleurs, la continuité des soins, permise notamment par les hôpitaux de jour, et la cohérence du travail psychothérapique avec l’enfant et sa famille semblent essentielles comme l’expliquent Goeb et Delion (2009).

4.4. Autres options thérapeutiques prometteuses

Compte tenu de la mauvaise tolérance des APA chez l’enfant, la stimulation cérébrale transcrânienne à courant direct, utilisée chez l’adulte, pourrait être une alternative thérapeutique chez les SDTP, en traitement adjuvant d’un traitement médicamenteux (David, Rapoport et Gogtay, 2013). D’autant que des études récentes rapportent une bonne tolérance de cet outil thérapeutique pour 10 sessions de 20 minutes chez des SDTP (Mattai et al., 2011). Au vu des dernières découvertes neuro-anatomiques, l’hippocampe pourrait être une cible thérapeutique future (Anvari et al., 2015).

5. Particularités étiologiques et hypothèses psychopathologiques

Comme chez l’adulte, l’hypothèse d’une hétérogénéité étiologique et d’une origine multifactorielle devrait être retenue.

5.1. Orientation diagnostique initiale : recherche de causes organiques

Chez les SDTP et les SDP, le diagnostic étiologique sera orienté par : la recherche de signes cliniques simples (diarrhées, angiokératomes, splénomégalie, ictère, signes neurologiques, cataracte, xanthomes, anémie), un bilan biologique (recherchant en première intention une infection, une prise de toxiques ou des troubles endocriniens), une IRM cérébrale, un examen ophtalmologique, un électromyogramme, une échographie abdominale et l’avis d’un généticien (Dumas & Bonnot, 2013).

5.2. Causes organiques et facteurs génétiques

Les facteurs génétiques et organiques parfois présents doivent absolument être recherchés en cas de SAP. Les pathologies en cause sont notamment : des microdélétions 22q11, un syndrome de Prader Willy, un trouble endocrinien, une origine toxique ou infectieuse [2 : principales pathologies organiques pouvant être associées à une symptomatologie schizophrénique]. La microdélétion 22q11, présente chez 1/5 000 nouveau-nés, est l’une des causes les plus fréquentes de retard de développement psychomoteur et de troubles psychiatriques (Dumas & Bonnot, 2013).

Une étude de 2014 retrouve un taux de prévalence de la délétion 2.5-3Mb située sur 22q11.2 significativement plus élevé chez les SDTP que chez les SA (4,0 % contre 0,3-1 %) (Ahn et al., 2014). De même, la prévalence des anomalies du chromosome X (trisomie et Turner) est significativement supérieure chez les SDTP (7,9 % contre 0,4 % chez les SA), cependant le seuil de significativité n’est pas atteint lorsque ces deux pathologies sont analysées séparément (Eckstrand et al., 2008). Plusieurs études rapportent que des variants génétiques rares, définis comme facteur de risque de SA, sont plus fréquents chez les SDTP que chez les SA(Addington & Rapoport, 2009 ; Ahn et al.,2014).

5.3. Les apports de la neuro-imagerie

5.3.1. Chez les SDTP

Plusieurs études font état d’une perte de matière grise (au niveau du cortex pariétal et frontal) plus importante par rapport aux SDP et SA. Une corrélation anatomo-clinique est rapportée avec : des symptômes négatifs plus sévères en cas de perte accélérée en frontal, et une majoration des symptômes positifs en cas de perte en temporal (Arango et al., 2010 ;

2 : Principales pathologies organiques pouvant être associées à une symptomatologie schizophrénique.

Schizophrénies-Like
Syndromes de déficit nutritionnel Pellagre (déficit en vitamine B3)
Maladie de Biermer (déficit en vitamine B12)
Autre déficit vitaminique : A, D ?
Troubles endocriniens Maladie d’Addison
Maladie de Cushing
Hyper et Hypothyroidie
Hyperparathydoidie
Anomalies chromosomiques : maladies neutométaboliques Homocystéinurie par déficit en MTHFR (1p36.3)
Maladie de Wilson (13q143-q21.1)
Troubles du cycle de l’urée
Porphyrie (6q21, 1p34)
Maladie de Niemann-Pick type C (18q11-q12)
Adrenoleucodystrophie, α-mannosidose
Anomalies chromosomiques : autres syndromes Syndrome Vélo-cardio-facial (22q11)
Syndrome de Prader Willi (15q11-q13)
XXY Klinefelter et Duplication 16q11.2
Anomalie X (syndrome de Turner, trisomie X)
Maladies infectieuses Kystes, Abcès cérébraux
Encéphalites (Herpes simplex virus)
Neurosyphilis
Autres maladies du SNC Épilepsie
Hydrocéphalie à début tardif
Maladie de Huttington
Traumatismes crâniens
Abus de substance Cannabis, Amphétamines et dérivés, Alcool, Cocaïne
Médicaments Céphalosporines, Atropines, Dopaminergiques, Chloroquines,
Benzodiazépines et apparentés, Agents antiviraux type Acyclovir ou
Interféron…

source : Dumas N, Bonnot O. (2013). Schizophrénies à début précoce. EMC – Psychiatrie/Pédopsychiatrie, 10 (3) : 1-5.

3 : Résumé des acronymes.

Résumé des acronymes utilisés
AS Adulthood Schizophrenia
APA Antipsychotiques atypiques
COS Childhood Onset Schizophrenia
CVOS Childhood Very Onset Schizophrenia
HAV Hallucination Acoustico-Verbale
SA Schizophrénie débutant à l’âge Adulte
SAP Signes d’Atypicité Psychiatrique
SDP Schizophrénie à Début Précoce
SDTP Schizophrénie à Début Très Précoce
SNM Signes Neurologiques Mineurs
TSA Troubles du Spectre Autistique

Gogtay, 2008 ; Krebs et al., 2015 ; Weisenger et al., 2013). Notons que cette anomalie cérébrale est aussi présente chez les frères et sœurs non psychotiques de patients SDTP mais se normaliserait vers l’âge de 17 ans selon l’étude de Mattai et al. (2011). Par ailleurs, chez l’adulte comme chez les SDTP, l’âge de survenue de la maladie n’est pas corrélé à des degrés de déficit en matière grise (Weisinger et al., 2013).

Plusieurs études montrent que la trajectoire de développement cérébral des SDTP est similaire à celle des SA. Ainsi à mesure que les enfants schizophrènes vieillissent, leur cerveau ressemble à celui des patients SA avec une normalisation des niveaux de matière grise en pariétal et une évolution divergente qui persiste en frontal et temporal (Arango et al., 2010 ; Greenstain et al., 2006 ; Krebs et al., 2015).

Par ailleurs, on ne retrouve pas d’anomalies anatomiques du corps calleux, ni de perte de l’asymétrie normale du planum temporal (impliqué dans le langage), habituellement présentes chez les SA (Clark et al., 2010 ; Johnson et al., 2013).

Enfin, des anomalies des taux de métabolites cérébraux ont été retrouvées en spectroscopie de résonance magnétique des protons chez les SDTP comme chez les SA. L’étude de Seese et al. (2011) montre que les concentrations de neuro-métabolites dans les régions cérébrales liées au langage sont significativement corrélées à l’intensité des troubles de la pensée chez les SDTP. Cette corrélation se retrouve notamment avec le « NAA total » (taux de NAcétyl-Aspartate + N-Acétyl-Aspartate-Glutamate) dans le gyrus fronto-inférieur gauche et le gyrus temporo-supérieur gauche, ainsi qu’avec les taux de Créatine et Phosphocréatine dans le gyrus temporo-supérieur gauche.

5.3.2. Chez les SDP

Les études longitudinales sont plus rares car les SDP sont souvent inclus dans des études menées chez les adultes. Peu de publications fournissent des résultats distincts pour ce sousgroupe de patients. Arango et al. (2010) synthétisent les résultats de plusieurs études comparant des SDP par rapport à d’autres adolescents non-SDP. Les anomalies cérébrales rapportées sont : la diminution du volume de matière grise en frontal (mais pas au niveau pariétal ou temporal), l’augmentation du volume global de liquide céphalorachidien (LCR) et du LCR du sillon frontal, un volume initial plus petit du cortex pré-frontal inférieur et du thalamus ainsi qu’un volume initial plus important du 4e ventricule. Les SDP ont une légère perte de l’asy-métrie du planum temporal par rapport aux témoins (adolescents non SDP). Clark et al. (2010) supposent que cette perte locale d’asymétrie cérébrale augmente avec l’âge du patient, car elle serait plus marquée chez les SA.,

5.4. Hypothèses psychopathologiques

5.4.1. Hypothèse traumatique

L’implication de traumatismes psychiques dans la petite enfance est envisagée. En effet, la négligence émotionnelle dans l’enfance serait associée à une diminution du volume total de la matière grise notamment dans le cortex préfrontal dorso-latéral droit et serait prédictive de l’augmentation du score de désorganisation chez les SA (Cancel et al., 2015).

5.4.2. Approche cognitiv

À côté de l’approche neurobiologique, les théories psychopathologiques, malgré leurs divergences, reconnaissent comme centrale la défaillance de l’établissement des relations sociales chez ces enfants.

Pour l’expliquer, Speranza (2009) fait l’hypo-thèse d’un déficit de théorie de l’esprit, carac-térisé par un défaut d’intersubjectivité. Selon cette théorie, les enfants schizophrènes se trouvent dans l’incapacité de syntonisation et de réciprocité avec les autres car ils sont incapables d’attribuer aux autres des états mentaux différents des leurs et de produire des inférences sur leurs croyances, leurs intentions et leurs désirs. Ces cognitions sociales altérées seraient liées à des troubles cognitifs (perception, mémorisation, raisonnement et émotions) attribués aux anomalies cérébrales structurelles du cortex frontal.

5.4.3. Approche psychodynamique psychanalytique

L’hypothèse psychodynamique psychanalytique rapporte un défaut majeur d’accès à la symbolisation. Selon cette théorie, des mécanismes projectifs pathologiques massifs et excessifs se mettent en place dès les premiers mois de vie en l’absence de métabolisation et de détoxification des projections du bébé en lien avec un accordage affectif insuffisant (absence de boucle de retour de Geneviève Haag). Ainsi, les attaques projectives externalisées se retournent contre l’enfant. Les objets internes deviennent persécuteurs et les enveloppes psychiques trop fragiles, chez ces enfants soumis à des angoisses archaïques. Souvent, ces enfants adoptent alors un cloisonnement défensif extrêmement rigide de leur vie affective par le renforcement de leurs enveloppes qui deviennent un mur destructeur et enfermant. L’enfant s’isole et est rejeté par ses pairs, illustrant l’interaction de facteurs internes et environnementaux qui favorise le développement des troubles. Cela conduit au désinvestissement du monde externe puis du monde représentationnel interne amenant aux symptômes négatifs comme ultime barrière de protection narcissique d’un moi submergé et menacé. L’enfant se remplit d’une néo-réalité délirante, rapidement persécutrice et effrayante (Goeb & Delion, 2009 ; Speranza, 2006).

6. Discussion

Cette revue de littérature présente plusieurs limites, l’une des plus importantes est l’absence d’études comparant directement, avec une seule et même méthodologie, des patients SDTP/SDP et SA, au même âge.

D’autre part, la majorité des études sur les SDTP ont été menées par le même groupe (NIMH) qui évalue des patients gravement malades, intégrés à l’étude sur une base de non réponse au traitement, avec une durée d’évolution de la maladie de plus de trois années, ce qui peut constituer un biais.

Certaines études ont lieu sur de petits groupes (< 30 patients), ce qui peut augmenter le risque d’erreur de type I.

La faible prévalence des schizophrénies précoces, estimée à 0,03 % de la population, est à mettre en lien avec la méconnaissance épidémiologique du trouble probablement issue des classifications internationales qui ne l’individualisent pas.

Par ailleurs, les données du développement cérébral normal pourraient être approfondies afin de mieux comprendre les anomalies présentes chez les patients schizophrènes. De plus, les anomalies anatomiques cérébrales devraient être considérées avec circonspection tant qu’elles ne sont pas corrélées à des dif-férences anatomiques fonctionnelles.

Au niveau thérapeutique, l’effet au long cours des APA chez les enfants devrait être précisé et des études pourraient investiguer l’effica-cité de thérapeutiques combinées intégrant psychothérapie, psychopharmacologie et approche familiale.

Enfin, l’évolution symptomatique des SDTP lors de l’adolescence semble se faire par poussées, à la faveur de facteurs environnementaux ou individuels, constituant un argument en faveur de l’hypothèse intégrative. Cependant cette revue met en évidence une différence majeure entre les informations recueillies à l’international et en France. La littérature américaine fait la part belle à une vision neurobiologique quasi exclusive, tandis que la littérature française s’intéresse principa-lement aux approches psychopathologiques. Ainsi, dans une vision clinique plus cohérente, la recherche des causes des changements cérébraux pourrait se faire de concert avec la recherche de mécanismes physiopathologiques. Pour finir, cette revue n’est pas exhaustive puisqu’elle se limite à deux bases de données (SANTEPSY et PUBMED).

7. Conclusion

Les spécificités cliniques des SDTP par rapport aux SA sont principalement : la nécessité de tenir compte de l’âge de l’enfant pour certains symptômes (idées délirantes, hallucinations ou troubles du cours de la pensée), un début des troubles plus souvent insidieux, des idées délirantes rares, des hallucinations de tous types (y compris visuelles), des anomalies fréquentes du développement psychomoteur, des anomalies cérébrales initialement plus sévères et des SAP évoquant une cause organique.

A contrario, des SDP se rapprochent plus des SA avec un début plus volontiers sub-aigu, une sémiologie psychiatrique comparable et des anomalies cérébrales similaires.

Pour les SDTP et les SDP, la démarche dia-gnostique diffère de celle des adultes, le pronostic est directement lié à la précocité des troubles, une prise en charge globale (incluant le volet éducatif) est indispensable et les APA sont moins efficaces et moins bien tolérés que chez les SA.

Au-delà du critère d’âge, nous serions tentés de distinguer trois tableaux cliniques.

  1. Les formes organiques ou à forte suspicion d’organicité, en cas de SAP.

  2. Les formes évoluant chez des sujets au fonctionnement pré-morbide peu ou pas altéré.

  3. Parmi les SDTP, des formes qui pourraient être liées à un TSA, notamment en cas d’altération marquée du fonctionnement pré-morbide. Cela nécessiterait un travail complémentaire de recherche bibliographique. ?

Liens d’intérêt

Les auteurs déclarent n’avoir aucun lien d’intérêt concernant les données publiées dans cet article.

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